Mercredi 9 juillet 2008
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Les 13, 14 et 15 juin derniers se tenait la 11ème édition du festival "Rue des Artistes" dans le parc floral de St
Chamond, ville périphérique de St Etienne. A plusieurs titres, cet événement était pour moi qui suis habituée à couvrir des festivals musicaux, une excellente expérience. Après plus de 5 ans à
arpenter la France (et parfois l'étranger comme sur le Paléo de Nyon par exemple), j'avais le sentiments que cette effervescence associative et festive qui consiste à fabriquer des manifestations
autour de sa passion, était tombé dans une certaine routine. Entre prix exorbitant, marathon longue distance (parking à 1km du site, scène très espacées, etc…), mal bouffe et programmes gonflés
aux hormones (avec parfois plus de 3 concerts en même temps!), les festivals musicaux avaient parfois perdu de leur splendeur.

Rue des Artistes est organisé par Atout Monde, une association ancrée dans sa ville. Favorisant la proximité des populations de la cité, elle inscrit
son action depuis de nombreuses années pour une rapprochement autour des arts de la rue et de la musique des différentes populations urbaines: commerçants, public scolaires, centres sociaux. Point
culminant de cette action: le festival, dont l'accès est entièrement GRATUIT, permettant à des personnes exclues des événements culturels de découvrir des artistes aussi différents que talentueux,
et de proposé un rendez-vous fédérateur des habitants. Rappelons que St Chamond, avec ses 35 000 habitants, se situe à une quinzaine de minutes de St Etienne. La population ouvrière, constituée
dans les années 60 d'une majorité d'immigrés du Maghreb appelés pour faire face au besoin de main d'œuvre, a été touchée de plein fouet par la fermeture massive des usines au début des années 2000
et se retrouve souvent exclue des actions culturelles. Le travail de proximité d'Atout Monde, via notamment à ce rendez-vous annuel mettant en valeur la ville, est bien sûr aidé par la ville, le
département et la région. Mais avec des subventions qui ne couvrent que 70% des frais, l'asso locale doit sortir pas moins de 35 000€ pour pouvoir conserver cette gratuité aujourd'hui
exceptionnelle dans l'événementiel!
Trêve de chiffres et de sociologie, car l'art se fait fie de telles considérations. Et des artistes, il y en eu durant ces trois journées! Pas moins de 9 concerts, 8 compagnies invitées, 5 cartes
blanches dans la ville … On peut dire que les organisateurs avaient prévus un menu pour ces festivités! Si les journées étaient davantage dédiées aux prestations des artistes de rue, avec des
numéros de cirque contemporain, des prestations lives d'arts graphiques, sans oublié des ateliers gratuits pour les enfants, les soirées accueillaient une programmation musicale orientée vers les
découvertes régionales et une tête d'affiche par soir. Cette année, Sinsemilia fut l'invité d'honneur et a permis à plus de 6000 personnes d'assister gracieusement à un très bon concert. La veille,
La Caravane Passe avait déjà réchauffé le public au son de univers tzigane festif et la formation suisse Bubble Beatz animé la soirée avec leur musique industrielle à base de casseroles, tonneaux
et autres objets percussifs de récupération. Autour d'une buvette classique, mais aussi sous la tente aux spécialités orientales excellentes et pas trop chères, on se recroisait le temps d'une
pause de bon aloi, avant de réattaquer la suite des festivités.
Mais ce fut vers les spectacles que mon intention fut attirée. En plus d'être d'une réelle qualité, je vis des dizaines et des dizaines de jeunes véritablement subjugués par ces mondes insolites.
Que l'on porta une casquette, un voile, des dreads ou la boule à zéro, tous furent à un moment happés par ces moments magiques.
* Il y avait bien sûr les performances spectaculaires de la compagnie KIRKAS GAYA, couple israélo-belge d'acrobates sur corde et trapèze souple.
Leur "DAYDREAMING" de 45 minutes d'acrobaties aériennes, de scénographie léchée, de magie circassienne…
* Il y avait aussi
les numéros courts du Caillou Fou (www.myspace.com/cieducailloufou), diaboliste "emberlificoté" et celle de l'équilibriste sur corde souple Jérémy Huguenin (compagnie Les Equilibres
Absurdes: http://les-equilibres-absurdes.jimdo.com).
Deux jeunes artistes qui, chacun à leur façon, nous ont emmené dans leur univers, drôle pour l'un, poétique pour l'autre, mais avec à chaque fois une maîtrise technique impeccable.
* La compagnie Les
Ballistiques, un duo entre jonglage, hip hop et théâtre, qui me procura beaucoup de rires et d'admiration. (www.lesballistiques.book.fr ) Ces jeunes artistes, à l'art ouvert et jamais élitiste, montraient à quel point le cirque contemporain est aujourd'hui
dynamique, inventif et riche.
* La compagnie Les Journaliers et leur performance de statues vivantes, fut l'occasion d'admirer, outre la maîtrise, également la patience des artistes. Une patience qui aura ce jour là connue
ses limites puiqu'après une demi-heure de provocations adolescentes, une belle baffe à l'aveuglette a malencontreusement touché l'un des petits farceurs qui ne s'en remet toujours pas d'avoir
été ainsi surpris par un "poisson de pierre"! (www.lesjournaliers.com )
* Et pour amener le public vers ces spectacles, je n'oublie pas la prouesse de la compagnie La Batook, qui, deux fois par jour, sillonnait les
rues et le parc avec une batucada hilarante, rythmant les sourires et les pas des badauds. Une quinzaine de musiciens acteurs présentait leur conceptuelle parade théâtrale. Ce fut une belle
réussite! (http://batook.org).
Enfin, la performance qui fut peut être la plus étonnamment appréciée par le public fut celle du peintre Matt B qui, sur les trois jours, fit naître devant les spectateurs une double toile
grandiose. Avec sa figure féminine déclinées sur les 5 m de toile, entre Médusa et personnage de BD, Matt B a réussit à faire surgir une vie picturale qui subjugua tous les badauds. On admirait
ensemble l'œuvre, puis débâtions, se retrouvant, inconnus au départ, pour s'interroger sur cette peinture qui décidemment, parlait à tous et à toutes! (www.myspace.com/lapatte)
Pour terminer, je vous propose de découvrir dans le diaporama ci-dessous un reportage en image qui, je l'espère vous inspirera et vous incitera à aller à la découverte de ces artistes et
manifestations essentiels!
En bonus: La légende des Couramiaud
Pour ceux qui s'interrogeraient sur la signification des Miaou comme monnaie pour les buvettes et l'omniprésence des chats,
depuis le logo jusqu'aux sculptures disséminées dans le parc, voici la légende des "Court A Miau", autre nom des habitant saintchamonais.
James Condamin, dans son "Histoire de Saint-Chamond", publiée en 1890, rapporte une anecdote selon laquelle, chaque 24 juin, à
l'occasion de la fête de la nativité de Saint-Jean-Baptiste, les chanoines allumaient un feu gigantesque, dressé sur l'actuelle place de l'Observatoire.
Au centre du feu s'élevait un arbre, au sommet duquel se débattait, retenu par une corde, un chat vivant, destiné à figurer le
démon. Le pauvre animal était-il brûlé, c'était l'image de la purification du péché par le feu. Parvenait-il au contraire à s'échapper, on concluait à l'expulsion du démon du corps
humain.
Dans l'une et l'autre hypothèse, le symbole était satisfaisant ; toutefois, la fête avait beaucoup plus d'animation dans le
second cas de figure. En effet, courir après l'animal affolé et s'efforcer de le rattraper causait à nos ancêtres un véritable plaisir.
Les habitants des villes voisines ne manquèrent pas une si belle occasion d'appliquer un sobriquet aux Saint-Chamonnais. Ils
baptisèrent donc les coureurs de chat du surnom de "Couramiaud"
(extrait du site de Saint Chamond
http://www.saint-hamond.fr/3decouvrir/4histoire.asp
)
POUR DECOUVRIR L'ASSOCIATION : www.atoutmonde.com